29 décembre 2008

sur l'instant...

Références - (super culturelles) :

"Comment différencier la souffrance qui fait mûrir, de la souffrance qui fait souffrir?" - Sex and the city

"Quand j'ai peur, je sais que je dois le faire ; et plus j'ai peur, plus je dois le faire" - the L word

En général, c'est la musique qui colle à l'instant, cette semaine c'est les séries TV...!

the_l_word_saison4.jpg

23 décembre 2008

Les quatre bougies

Quatre bougies brulaient lentement. Leur ambiance était si douce que vous pouviez presque les entendre parler.La première bougie dit : “Je suis la Paix, mais de nos jours, personne ne veut maintenir la flamme de la paix allumée.” Alors la flamme de la paix diminua lentement puis s'éteignit complètement.

La deuxième bougie dit alors : “Je suis la Foi, mais de nos jours, personne ne me trouve plus indispensable, ni même nécessaire ou utile.” Alors la flamme de la foi diminua lentement puis s'éteignit à son tour complètement.

Tristement, la troisième bougie dit : “Je suis l'Amour, mais je n'ai plus la force de rester allumée plus longtemps. Les gens me mettent de côté et ne comprennent pas mon importance. Ils oublient même d'aimer ceux qui sont les plus proches d'eux.” Et sans attendre plus longtemps, la flamme de l'amour s'éteignit complètement elle aussi.

Soudainement, un enfant tout joyeux entra dans la pièce. Mais, voyant que les trois bougies ne brulaient plus, son regard devint tout triste et une larme glissa le long de son visage : “Pourquoi vous ne brulez plus? Vous êtes censées rester allumées jusqu'au bout.”

Alors la quatrième bougie dit doucement au petit garçon : “N'aies pas peur, parce que je suis l'Espoir, et tant que je brûle toujours, nous pouvons rallumer les autres bougies.”

Avec les yeux brillants, l'enfant prit alors la bougie de l'Espoir et alluma les trois autres bougies.

 

Que chacun garde en lui cette petite flamme allumée, afin que vivent a Paix, la Foi et l'Amour, partout dans le monde. Et qui sait... Peut être pourra t'elle rallumer d'autres espérances, éteintes depuis trop longtemps... Je vous souhaite à tous de bonnes fêtes de fin d'année!

 

r1ju8vro.jpg

photo : mabulle78

14 décembre 2008

¡uoıʇɐʇıɔ

"¿ɹnoɯɐ,l suɐp xnǝɹnǝɥ ǝɹʇǝ ɹnod sɹǝʌuǝ,l ɐ ǝllǝʌɹǝɔ ɐl ǝɹʇʇǝɯ ǝs ǝp uıosǝq ɐ ʎ lı,nb ǝɔ-ʇsǝ"

Marcel Aymé

æææ

"˙lǝıɔ un sɹnoɾnoʇ ɐ ʎ lı 'sǝƃɐnu sǝp sɹǝʌuǝ,l ɐ"

Mûhammad Al-Faytûry

chute.JPG

19 novembre 2008

Typique...

"Je me suis retrouvé dans les rues de Paris où les parisiens ne vont jamais.
J'étais un étranger parmi les étrangers. Pourquoi j'étais là, je savais pas.
J'ai en général jamais su pourquoi j'étais là où j'étais. Je dois être typique..."
-L'auberge espagnole-

 

l'auberge.jpg

02 octobre 2008

A la sérénité de Tenzin...

dalai_lama.jpg

 

"Cultivons l'amour et la compassion, ces deux choses qui donnent véritablement un sens à la vie."

 

"Le respect et la vérité peuvent seuls toucher le coeur de l'homme tandis que la contrainte l'amène à se fermer."

 

"Chez tous les êtres vivants, le désir de liberté est fondamental."

 

"La sensation d'être heureux ou malheureux dépend rarement de notre état dans l'absolu, mais de notre perception de la situation, de notre capacité à nous satisfaire de ce que nous avons."

 

21 septembre 2008

Blocage

Je suis dépourvu de foi et ne puis donc être heureux, car un homme qui risque de craindre que sa vie soit une errance absurde vers une mort certaine ne peut être heureux. Je n’ai reçu en héritage ni dieu, ni point fixe sur la terre d’où je puisse attirer l’attention d’un dieu : on ne m’a pas non plus légué la fureur bien déguisée du sceptique, les ruses de Sioux du rationaliste ou la candeur ardente de l’athée. Je n’ose donc jeter la pierre ni à celle qui croit en des choses qui ne m’inspirent que le doute, ni à celui qui cultive son doute comme si celui-ci n’était pas, lui aussi, entouré de ténèbres. Cette pierre m’atteindrait moi-même car je suis bien certain d’une chose : le besoin de consolation que connaît l’être humain est impossible à rassasier.

En ce qui me concerne, je traque la consolation comme le chasseur traque le gibier. Partout où je crois l’apercevoir dans la forêt, je tire. Souvent je n’atteins que le vide mais, une fois de temps en temps, une proie tombe à mes pieds. Et, comme je sais que la consolation ne dure que le temps d’un souffle de vent dans la cime d’un arbre, je me dépêche de m’emparer de ma victime.

Qu’ai-je alors entre mes bras ?

Puisque je suis solitaire : une femme aimée ou un compagnon de voyage malheureux. Puisque je suis poète : un arc de mots que je ressens de la joie et de l’effroi à bander. Puisque je suis prisonnier : un aperçu soudain de la liberté. Puisque je suis menacé par la mort : un animal vivant et bien chaud, un cœur qui bat de façon sarcastique. Puisque je suis menacé par la mer : un récif de granit bien dur.

Mais il y a aussi des consolations qui viennent à moi sans y être conviées et qui remplissent ma chambre de chuchotements odieux : Je suis ton plaisir – aime-les tous ! Je suis ton talent – fais-en aussi mauvais usage que de toi-même ! Je suis ton désir de jouissance – seuls vivent les gourmets ! Je suis ta solitude – méprise les hommes ! Je suis ton aspiration à la mort – alors tranche !

[...]En effet, lorsque mon désespoir me dit : Perds confiance, car chaque jour n’est qu’une trêve entre deux nuits, la fausse consolation me crie : Espère, car chaque nuit n’est qu’une trêve entre deux jours.

Mais l’humanité n’a que faire d’une consolation en forme de mot d’esprit : elle a besoin d’une consolation qui illumine. Et celui qui souhaite devenir mauvais, c’est-à-dire devenir un homme qui agisse comme si toutes les actions étaient défendables, doit au moins avoir la bonté de le remarquer lorsqu’il y parvient.

[...]Je peux voir la liberté incarnée dans un animal qui traverse rapidement une clairière et entendre une voix qui chuchote : Vis simplement, prends ce que tu désires et n’aie pas peur des lois ! Mais qu’est-ce que ce bon conseil si ce n’est une consolation pour le fait que la liberté n’existe pas – et quelle impitoyable consolation pour celui qui s’avise que l’être humain doit mettre des millions d’années à devenir un lézard !

[...]Mais la liberté commence par l’esclavage et la souveraineté par la dépendance. Le signe le plus certain de ma servitude est ma peur de vivre. Le signe définitif de ma liberté est le fait que ma peur laisse la place à la joie tranquille de l’indépendance. On dirait que j’ai besoin de la dépendance pour pouvoir finalement connaître la consolation d’être un homme libre, et c’est certainement vrai. A la lumière de mes actes, je m’aperçois que toute ma vie semble n’avoir eu pour but que de faire mon propre malheur. Ce qui devrait m’apporter la liberté m’apporte l’esclavage et les pierres en guise de pain.

[...]Et, lorsque la dépression arrive finalement, je suis aussi son esclave. Mon plus grand désir est de la retenir, mon plus grand plaisir est de sentir que tout ce que je valais résidait dans ce que je crois avoir perdu : la capacité de créer de la beauté à partir de mon désespoir, de mon dégoût et de mes faiblesses. Avec une joie amère, je désire voir mes maisons tomber en ruine et me voir moi-même enseveli sous la neige de l’oubli. Mais la dépression est une poupée russe et, dans la dernière poupée, se trouvent un couteau, une lame de rasoir, un poison, une eau profonde et un saut dans un grand trou. Je finis par devenir l’esclave de tous ces instruments de mort. Ils me suivent comme des chiens, à moins que le chien, ce ne soit moi. Et il me semble comprendre que le suicide est la seule preuve de la liberté humaine.

Mais, venant d’une direction que je ne soupçonne pas encore, voici que s’approche le miracle de la libération. Cela peut se produire sur le rivage, et la même éternité qui, tout à l’heure, suscitait mon effroi est maintenant le témoin de mon accession à la liberté. En quoi consiste donc ce miracle ? Tout simplement dans la découverte soudaine que personne, aucune puissance, aucun être humain, n’a le droit d’énoncer envers moi des exigences telles que mon désir de vivre vienne à s’étioler. Car si ce désir n’existe pas, qu’est-ce qui peut alors exister ?

[...]Personne n’a le droit d’exiger de moi que ma vie consiste à être prisonnier de certaines fonctions. Pour moi, ce n’est pas le devoir avant tout mais : la vie avant tout. Tout comme les autres hommes, je dois avoir droit à des moments où je puisse faire un pas de côté et sentir que je ne suis pas seulement une partie de cette masse que l’on appelle la population du globe, mais aussi une unité autonome.

[...]Mais tout ce qui m’arrive d’important et tout ce qui donne à ma vie son merveilleux contenu : la rencontre avec un être aimé, une caresse sur la peau, une aide au moment critique, le spectacle du clair de lune, une promenade en mer à la voile, la joie que l’on donne à un enfant, le frisson devant la beauté, tout cela se déroule totalement en dehors du temps. Car peu importe que je rencontre la beauté l’espace d’une seconde ou l’espace de cent ans. Non seulement la félicité se situe en marge du temps mais elle nie toute relation entre celui-ci et la vie.

Je soulève donc de mes épaules le fardeau du temps et, par la même occasion, celui des performances que l’on exige de moi. Ma vie n’est pas quelque chose que l’on doive mesurer. Ni le saut du cabri ni le lever du soleil ne sont des performances. Une vie humaine n’est pas non plus une performance, mais quelque chose qui grandit et cherche à atteindre la perfection. Et ce qui est parfait n’accomplit pas de performance : ce qui est parfait œuvre en état de repos. Il est absurde de prétendre que la mer soit faite pour porter des armadas et des dauphins. Certes, elle le fait – mais en conservant sa liberté. Il est également absurde de prétendre que l’homme soit fait pour autre chose que pour vivre. Certes, il approvisionne des machines et il écrit des livres, mais il pourrait tout aussi bien faire autre chose. L’important est qu’il fasse ce qu’il fait en toute liberté et en pleine conscience de ce que, comme tout autre détail de la création, il est une fin en soi. Il repose en lui-même comme une pierre sur le sable.

[...]Selon moi, une sorte de liberté est perdue pour toujours ou pour longtemps. C’est la liberté qui vient de la capacité de posséder son propre élément. Le poisson possède le sien, de même que l’oiseau et que l’animal terrestre. Thoreau avait encore la forêt de Walden – mais où est maintenant la forêt où l’être humain puisse prouver qu’il est possible de vivre en liberté en dehors des formes figées de la société ?

Je suis obligé de répondre : nulle part. Si je veux vivre libre, il faut pour l’instant que je le fasse à l’intérieur de ces formes. Le monde est donc plus fort que moi. A son pouvoir je n’ai rien à opposer que moi-même – mais, d’un autre côté, c’est considérable. Car, tant que je ne me laisse pas écraser par le nombre, je suis moi aussi une puissance. Et mon pouvoir est redoutable tant que je puis opposer la force de mes mots à celle du monde, car celui qui construit des prisons s’exprime moins bien que celui qui bâtit la liberté. Mais ma puissance ne connaîtra plus de bornes le jour où je n’aurai plus que le silence pour défendre mon inviolabilité, car aucune hache ne peut avoir de prise sur le silence vivant.

Telle est ma seule consolation. Je sais que les rechutes dans le désespoir seront nombreuses et profondes, mais le souvenir du miracle de la libération me porte comme une aile vers un but qui me donne le vertige : une consolation qui soit plus qu’une consolation et plus grande qu’une philosophie, c’est-à-dire une raison de vivre.

 

Stig Dagerman
"Notre besoin de consolation est impossible à rassasier"

20 septembre 2008

Vrai? ...!

Dans un monde sans mélancolie, les rossignols se mettraient à roter.

-Cioran-

2203.jpg